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Calculateur de temps de passage : ta table d’allure

Un chrono visé et une distance suffisent à sortir la table complète de tes passages. La calculette en donne deux : la version régulière, et la version en négative split, où la seconde moitié se court deux pour cent plus vite pour un total identique.

La seconde colonne est celle à regarder. Elle correspond à la façon dont les bonnes courses se courent réellement, et elle est presque toujours plus facile à tenir que la première.

Ton objectif
Unités
Chrono visé

Pourquoi la seconde moitié doit être la plus rapide

Ce n’est pas une élégance de coureur avancé, c’est de l’arithmétique du coût.

Partir trop vite ne coûte pas seulement les secondes gagnées : ça avance le moment où les réserves de glycogène s’épuisent et où la production d’acide dépasse la capacité à l’évacuer. Les deux premiers kilomètres pris dix secondes trop vite se paient rarement dix secondes. Ils se paient trois ou quatre fois plus, dans le dernier quart, quand il n’y a plus rien à faire.

Le côté empirique va dans le même sens. Sur marathon, la quasi-totalité des records du monde ont été établis en split régulier ou légèrement négatif. Chez les amateurs, la seconde moitié est en général cinq à dix pour cent plus lente que la première, et c’est exactement l’inverse. La différence n’est pas une question de talent, c’est une question de départ.

Les deux pour cent, et pourquoi pas plus

La colonne négative de la calculette part deux pour cent plus lentement et finit deux pour cent plus vite. Ce chiffre n’est pas arbitraire.

En dessous d’un pour cent, l’écart est plus petit que la variabilité naturelle du terrain et de la foule : la table devient indistinguable d’un split régulier. Au-delà de quatre pour cent, on ne court plus un négative split, on rattrape un départ trop lent, et on laisse du temps sur la table.

Deux pour cent, sur un marathon en 3 h 30, veut dire une première moitié en 1 h 46 et une seconde en 1 h 44. Six secondes au kilomètre d’écart, ce qui est ressenti comme rien au départ et comme une marge confortable à trente kilomètres.

Ce que la table ne dit pas

Elle suppose un parcours plat, un temps neutre et une course sans imprévu. Aucune de ces trois choses n’existe.

Le dénivelé change tout et ne se compense pas symétriquement : une côte coûte plus que la descente équivalente ne rapporte. Sur un parcours vallonné, la bonne façon de lire la table est de viser l’effort régulier plutôt que l’allure régulière, et d’accepter des passages plus lents en montée sans chercher à les récupérer.

Le vent se paie deux fois : de face il ralentit, et de dos il rend rarement l’équivalent. Le mieux est de courir à l’abri d’un groupe quand c’est possible et d’oublier la table sur les sections exposées.

Les ravitaillements coûtent de cinq à quinze secondes chacun. Sur un marathon, huit passages font deux minutes, ce qui est plus que l’écart entre les deux colonnes. La table donne des passages de course, pas des passages de chronomètre arrêté.

Comment s’en servir le jour de la course

Trois usages, par ordre d’importance.

Le premier est de discipliner les trois premiers kilomètres, et c’est là que la table gagne sa place. Tout le monde est frais, la foule pousse, l’allure semble facile. C’est le seul moment de la course où il faut faire confiance au chiffre contre les sensations, parce que les sensations du kilomètre 2 mentent toujours dans le même sens.

Le deuxième est de savoir quoi faire d’une avance. Si tu passes la moitié avec deux minutes d’avance sur la table, ce n’est pas une bonne nouvelle, c’est un avertissement. La réponse est de revenir à l’allure prévue, pas de garder le rythme.

Le troisième est de décider quand tenter. À trois quarts de course, si l’allure sort facile et que la respiration suit, la table a fait son travail et tu peux la quitter. C’est le seul endroit où l’improvisation paie.

Des repères d’allure par objectif

Objectif Allure au km Passage à mi-course Arrivée
Marathon en 3 h 00 4:16 1 h 29 3 h 00
Marathon en 3 h 30 4:59 1 h 44 3 h 30
Marathon en 4 h 00 5:41 1 h 59 4 h 00
Marathon en 4 h 30 6:24 2 h 14 4 h 30

Les passages à mi-course sont ceux de la colonne négative, donc légèrement au-delà de la moitié du chrono visé. C’est voulu : ils correspondent à un départ prudent.

Une vérification utile avant de choisir un objectif : l’allure visée doit être une allure que tu as déjà tenue sur une sortie longue, pas une allure que tu espères découvrir le jour même.

Le piège du GPS

Ta montre et le tapis de chronométrage ne mesurent pas la même chose, et l’écart va toujours dans le même sens.

Une montre lit long, de un à deux pour cent sur un parcours certifié. En cause : les tangentes que personne ne coupe parfaitement, les erreurs de signal entre les immeubles, les tunnels. Sur un marathon, ça fait quatre à huit cents mètres de plus affichés, donc une allure moyenne qui paraît meilleure que l’officielle.

Conséquence pratique : cale-toi sur les bornes kilométriques du parcours, pas sur les tours automatiques de la montre. Et regarde l’allure du tour écoulé plutôt que l’allure instantanée, qui saute de vingt secondes au kilomètre à chaque changement de rue et ne sert à rien.

FAQ

Faut-il courir en négative split ou en allure régulière ?

Un négative split léger, autour de deux pour cent, pour presque tout le monde. Il coûte quelques secondes au départ et il protège le dernier quart, qui est l’endroit où les courses se perdent. Un split parfaitement régulier est le second meilleur choix.

Que faire si je suis en avance à la moitié ?

Revenir à l’allure prévue immédiatement, sans chercher à conserver l’avance. Une avance à mi-course sur un marathon est presque toujours une dette, et elle se rembourse à un taux défavorable après le trentième kilomètre.

Comment adapter la table à un parcours vallonné ?

En visant l’effort régulier au lieu de l’allure régulière. Les passages en montée seront plus lents que la table, les descentes un peu plus rapides sans compenser, et le total arrivera plus lent que sur le plat. Le tenter autrement est la façon la plus fiable de finir à l’arrêt.

Pourquoi ma montre affiche-t-elle une distance plus longue que la course ?

Parce qu’un GPS lit long de un à deux pour cent : tangentes imparfaites, erreurs de signal, tunnels. C’est normal, ça arrive à tout le monde, et ça explique pourquoi ton allure moyenne de montre paraît meilleure que ton allure officielle.

Faut-il écrire ses passages sur le bras ?

C’est encore la méthode la plus fiable, parce qu’elle ne dépend d’aucune batterie et qu’elle se lit en une seconde. Quatre ou cinq bornes suffisent : les quarts de course et la moitié. Une table complète au kilomètre est illisible en course.

Combien de temps coûtent les ravitaillements ?

Cinq à quinze secondes chacun selon la foule et selon la façon de boire. Sur un marathon, huit passages font deux minutes, à intégrer à l’objectif plutôt qu’à découvrir à l’arrivée.

Le mur du trentième kilomètre est-il inévitable ?

Non, et sa cause principale est le départ, pas la distance. Un marathon entamé cinq secondes au kilomètre trop vite épuise les réserves plus tôt, et c’est ce qui produit la sensation de mur. Une gestion correcte et un ravitaillement suivi le rendent évitable pour la plupart des gens.

Peut-on utiliser la table sur un trail ?

Pas telle quelle. Sur un terrain avec du dénivelé et des passages techniques, l’allure au kilomètre ne veut plus dire grand-chose et les repères utiles sont le temps par section et l’effort ressenti. La table reste utile sur les portions roulantes.

La table marche-t-elle en miles ?

Oui, c’est ce que fait le sélecteur Métrique ou Miles. En miles, elle pose une borne à chaque mile jusqu’au 10 km et tous les cinq miles au-delà, même logique que la version métrique, avec l’allure affichée au mile. C’est le format dans lequel se lit une table d’allure américaine.

Une table de passage n’est pas une préparation

Elle dit comment répartir un chrono. Elle ne dit pas si ce chrono est à ta portée, et c’est la question qui décide de la journée. Le test Vitality Archetype mesure ton profil sur 5 dimensions en 27 questions et 3 minutes, puis génère une semaine d’entraînement calibrée sur ta récupération et ton temps disponible, avec une progression qui suit tes retours de séance. La table sert le jour de la course, la semaine sert les trois mois d’avant.